Un assistant IA qui ne garde pas vos conversations : Lumo à l'essai
Ou : un assistant qui oublie tout ce que vous lui dites, sauf ce que vous lui demandez de retenir.
La réponse courte : Lumo est l’assistant IA de Proton, l’éditeur de Proton Mail, lancé en juillet 2025. Sa promesse tient en trois points : aucun journal de vos requêtes, un historique chiffré que Proton ne peut pas lire, et aucune conversation utilisée pour l’entraînement. Il tourne sur des modèles ouverts, Qwen, GLM et le suisse Apertus, dans les centres de données européens de Proton. L’offre gratuite suffit pour un usage occasionnel ; Lumo Plus coûte 12,99 € par mois, 9,99 € en engagement annuel. Une nuance à connaître : pendant le traitement, le serveur lit votre message en clair. C’est l’option la plus discrète parmi les outils IA du quotidien.
Ce qui suit s’appuie sur la documentation, la politique de confidentialité et le blog de Proton, relus le 28 septembre 2026. Lumo s’utilise sur le web et dans des applications iOS et Android, avec ou sans compte : en mode invité, sans connexion, la conversation est effacée à la fin de la session, et Proton indique même qu’on peut y accéder par Tor. Avec un compte, un « mode fantôme » fait disparaître la conversation dès qu’on la ferme. La version 2.0, sortie fin juin 2026, a ajouté la génération et l’édition d’images, la citation des sources lors d’une recherche web, et un mode de réflexion.
La page de confidentialité de Lumo nomme ses modèles : « Qwen 3.5, GLM 5.3, Image-Turbo, FireRed-Image-Edit-1.1 et Apertus 1.5 », qui « fonctionnent exclusivement sur des serveurs contrôlés par Proton ». Elle précise qu’une fois la réponse générée, les données de la requête sont effacées, que Proton ne conserve « aucun journal » de ce que vous demandez, et que l’historique, stocké sur votre appareil, est synchronisé avec un chiffrement « à zéro accès », que vous seul pouvez déchiffrer.
Pour qui : un particulier ou un indépendant qui veut un assistant IA pour ses questions personnelles ou sensibles, sans que ses conversations soient conservées ni lues.
À partir de : offre gratuite, puis Lumo Plus à 12,99 € par mois ou 119,88 € par an, soit 9,99 € par mois.
Pour démarrer : essayer Lumo en mode invité, sans compte, puis créer un compte Proton gratuit pour garder un historique chiffré.
Proton Lumo avis : l’assistant IA chiffré, ses offres, ses garanties et ses limites
| Offre | Prix | Ce qu’elle donne |
|---|---|---|
| Lumo Free | 0 € | usage limité du modèle Max, messages et historique limités, génération d’images limitée, un projet ; chiffres non publiés |
| Lumo Plus | 12,99 € par mois, 119,88 € par an | offre payante, au-delà des limites de l’offre gratuite |
| Lumo Professional | 14,99 € par utilisateur et par mois | version pour les équipes |
| Proton Visionary | 39,99 € par mois | Lumo Plus inclus avec toute la suite Proton |
| Proton Unlimited | 12,99 € par mois | Lumo gratuit seulement |
| Garantie | Ce que dit Proton | La nuance |
|---|---|---|
| Journaux | aucun journal des requêtes ni des réponses | |
| Historique | chiffré à zéro accès, déchiffrable par vous seul | vous pouvez aussi ne rien garder, en mode invité ou fantôme |
| Entraînement | les conversations ne servent pas à entraîner les modèles | un avis envoyé volontairement, anonymisé, peut servir à améliorer Apertus avec l’EPFL et l’ETH |
| Traitement | serveurs contrôlés par Proton, en Europe | le serveur déchiffre le message le temps de le traiter |
| Recherche web | optionnelle | une version simplifiée de la requête part vers des API partenaires |
Prix relevés le 28 septembre 2026 dans le catalogue de Proton, en euros ; garanties citées d’après la documentation et la politique de confidentialité de Lumo.
La nuance du traitement mérite d’être comprise. Le modèle de sécurité de Lumo le dit sans détour : le serveur déchiffre temporairement le message pour le faire passer dans le modèle de langage. Ce n’est pas un chiffrement de bout en bout au sens strict : le modèle doit lire le texte pour y répondre. Ce que Proton garantit, c’est ce qui se passe avant et après : le transport est chiffré, rien n’est journalisé, et l’historique n’est lisible que par vous.
La localisation, elle, est en transition. Au lancement, Proton annonçait déplacer la majeure partie de son infrastructure physique hors de Suisse, avec Lumo comme premier produit concerné, pour un investissement de plus de cent millions d’euros dans l’Union européenne. Les pages actuelles parlent de centres de données européens contrôlés par Proton, sans nommer de pays, et la politique de confidentialité place Lumo sous le droit suisse, puisqu’il est exploité par Proton AG, à Genève.
Les limites tiennent surtout à l’offre gratuite, dont les quotas ne sont pas chiffrés : quand la limite quotidienne du modèle Max est atteinte, Lumo bascule sur son modèle Lite. Proton ne publie pas non plus de mesure comparative de la qualité de ses réponses face aux autres assistants.
Mon avis : Lumo est l’assistant à choisir pour les questions qu’on ne poserait pas à un service qui garde tout, santé, finances, situation personnelle, et le mode invité est une vraie originalité. Pour un usage professionnel intégré aux outils de l’équipe, Euria et kSuite vont plus loin ; pour les modèles propriétaires d’OpenAI ou d’Anthropic, il faut passer par leurs propres assistants, avec leurs propres règles sur vos données.
Si vous préférez un assistant intégré à vos outils de travail
Euria, d’Infomaniak, s’intègre à la messagerie, au stockage et à la visioconférence, depuis la Suisse. L’avis complet est dans l’assistant IA hébergé en Suisse.
Si vous voulez rester sur le gratuit
Lumo, Euria et l’assistant de Mistral ont chacun une offre gratuite. Les limites comparées sont dans les IA européennes gratuites.
Si vous comparez les abonnements
Lumo Plus à 12,99 €, face à ChatGPT, Mistral ou Mammouth : la grille est dans le prix des assistants IA par mois.