kDrive contre Dropbox : le cloud suisse face au vétéran américain
Dropbox est le premier cloud que la plupart d’entre nous avons utilisé. C’est aussi le premier qu’on a oublié de résilier. Avant de les comparer, un cadrage rapide si vous venez du comparatif des alternatives à Google Drive : Dropbox et kDrive jouent dans la même catégorie – cloud grand public avec suite bureautique intégrée – mais avec des modèles économiques radicalement différents. Dropbox est une entreprise américaine cotée au NASDAQ qui doit rendre des comptes à ses actionnaires chaque trimestre. Infomaniak est une entreprise suisse indépendante qui n’a de comptes à rendre qu’à ses clients. Ça change tout dans les décisions produit.
La question que tout le monde se pose : est-ce que kDrive fait aussi bien que Dropbox ? La réponse honnête : sur la synchronisation pure, non. Sur tout le reste, oui – et souvent mieux. Dropbox a inventé la synchronisation delta (seuls les blocs modifiés d’un fichier sont transférés) et reste le meilleur du marché sur ce point précis. Si vous synchronisez quotidiennement des fichiers Photoshop de 500 Mo, Dropbox sera plus rapide. Pour tout le reste – et « tout le reste » couvre 90% des usages réels – la différence est imperceptible.
Le prix : là où le bât blesse pour Dropbox
Dropbox Plus coûte 11,99 euros par mois pour 2 To. kDrive Solo coûte 4,49 euros par mois pour 2 To. Je vous laisse faire le calcul – ou plutôt non, je le fais : Dropbox coûte 2,7 fois plus cher pour le même stockage. Sur un an, c’est 90 euros d’écart. Sur cinq ans, vous avez payé un disque dur externe en trop.
Dropbox se rattrape sur les fonctionnalités « premium » : Dropbox Replay pour les commentaires vidéo, DocSend pour le suivi de documents, Sign pour les signatures électroniques. Le problème, c’est que ces fonctionnalités sont soit dans des tiers payants supplémentaires, soit dans le forfait Business à 15 euros par mois et par utilisateur. kDrive inclut SwissTransfer (envoi de fichiers jusqu’à 20 Go), un éditeur de documents OnlyOffice, et un système de commentaires collaboratif – sans facturation en couches.
Sur le support Linux, kDrive propose un client natif. Dropbox a officiellement abandonné le support Linux pour les systèmes de fichiers autres qu’ext4 en 2018, puis l’a partiellement restauré – mais le client Linux reste le parent pauvre de l’écosystème Dropbox. Si vous travaillez sous Ubuntu ou Fedora, kDrive est un choix nettement plus fiable.
Le face-à-face avec Google Drive pour situer les deux
Si vous hésitez entre trois clouds plutôt que deux, le comparatif kDrive face à Google Drive remet les pendules à l’heure sur la suite bureautique intégrée. Google Docs reste devant OnlyOffice sur le collaboratif intensif, mais kDrive bat Dropbox sur l’intégration bureautique – Dropbox Paper ayant été discrètement mis en retrait au profit de Dropbox Dash, qui est un moteur de recherche IA, pas une suite bureautique.
Stockage Suisse et offre à vie chez pCloud
Si le prix est votre critère numéro un, jetez aussi un coup d’oeil au duel entre kDrive et pCloud. pCloud propose une offre « lifetime » qui élimine l’abonnement mensuel, mais au prix d’un écosystème moins complet que kDrive. Le trio kDrive-Dropbox-pCloud couvre en fait trois philosophies : l’écosystème complet (kDrive), la synchronisation parfaite (Dropbox), le stockage au meilleur prix (pCloud).
La confidentialité, enfin. Dropbox est soumis au Cloud Act américain. Vos fichiers sont stockés sur des serveurs américains (ou des serveurs européens opérés par une société américaine, ce qui revient au même juridiquement). Infomaniak opère exclusivement depuis la Suisse, sous la Loi fédérale sur la protection des données (nLPD), réputée plus stricte que le RGPD sur plusieurs points. Si vous stockez des données de clients européens, ce n’est pas un luxe – c’est une obligation de diligence.
Le verdict ? Si vous êtes développeur freelance, créatif, ou TPE en Europe, kDrive fait tout ce dont vous avez besoin pour la moitié du prix. Si vous êtes une agence vidéo qui synchronise des rushes de 10 Go quotidiennement et que la juridiction vous indiffère, Dropbox reste pertinent. Mais pour la majorité des utilisateurs, Dropbox est devenu le cloud qu’on garde par habitude, pas par conviction. Et les habitudes, ça se change – surtout quand elles coûtent 90 euros par an de trop.