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Quitter Google Drive pour un cloud européen : le guide pas à pas

Google Drive est le cloud que tout le monde quitte en premier, et celui qui rend le départ le plus compliqué. Pas par méchanceté, par architecture. Si vous suivez le guide de migration cloud et que votre source est Google, vous êtes au bon endroit. Le problème central tient en une phrase : les fichiers Google Docs, Sheets et Slides ne sont pas des fichiers. Ce sont des références à une application web. Quand vous les « téléchargez », Google les convertit à la volée en DOCX, XLSX ou PPTX, et la conversion est tout sauf fidèle. Google Takeout vous permet d’exporter l’ensemble de vos données, mais il vous donne un ZIP de fichiers convertis, pas vos originaux.

La bonne nouvelle, c’est que si vous comprenez ce mécanisme, le reste est de la logistique. Les fichiers non-Google (PDF, images, vidéos, ZIP) migrent sans aucun problème : ce sont de vrais fichiers, ils gardent leur nom, leur taille et leurs métadonnées. Le travail réel, c’est de gérer les fichiers natifs Google et les permissions de partage.

Migrer, c'est un déménagement : il faut emballer, transporter, et déballer sans rien perdre en route.

Méthode concrète : migrer depuis Google Drive en cinq étapes

Étape 1 : inventaire. Ouvrez Google Drive, triez par type. Comptez combien de fichiers sont des Google Docs natifs (ils n’affichent pas de taille dans Drive, c’est un indice). Si vous avez 90% de PDF et d’images, votre migration sera simple. Si vous avez 500 Google Docs avec des tableaux complexes, prévoyez du temps de vérification post-conversion.

Étape 2 : export des fichiers natifs. Deux options. Google Takeout exporte tout d’un coup mais sans structure de dossiers (les fichiers arrivent en vrac dans des ZIP). L’alternative est d’utiliser l’application de bureau Google Drive, de forcer la synchronisation complète en local, puis d’utiliser un outil comme Rclone pour transférer les fichiers vers la destination. Rclone sait convertir les fichiers natifs Google à la volée pendant le transfert.

Étape 3 : les permissions. Exportez la liste des fichiers partagés avant de migrer. Google ne fournit pas d’outil natif pour ça (évidemment), mais Google Apps Script permet d’extraire un tableur avec chaque fichier, ses permissions et les emails des personnes concernées. Vous en aurez besoin pour recréer les partages côté destination.

Étape 4 : migration par lots. Ne migrez pas tout d’un coup. Commencez par un dossier-test de 50 fichiers (incluant des Google Docs natifs), vérifiez que la conversion est acceptable, ajustez la méthode, puis lancez le reste. Pour les gros volumes (500 Go+), comptez 24 à 48 heures de transfert selon votre connexion.

Étape 5 : vérification. Comparez le nombre de fichiers source et destination. Ouvrez les fichiers convertis les plus critiques. Vérifiez que les tableaux dans les Sheets n’ont pas perdu leurs formules, que les images dans les Docs sont toujours là, que les liens internes fonctionnent encore.

Les pièges spécifiques à Google Drive que personne ne mentionne

Les pièges fréquents de la migration cloud couvrent les problèmes génériques, mais Google a ses spécialités. Les fichiers Google Drawings n’ont pas de format d’export standard : ils deviennent des SVG ou des PNG, selon l’humeur de Takeout. Les formulaires Google Forms ne s’exportent pas du tout (ils restent dans l’écosystème Google, point). Les raccourcis Drive (fichiers .gdoc, .gsheet) ne sont pas des fichiers non plus : ils ne contiennent qu’une URL.

Le piège le plus vicieux : les Drive partagés (anciennement « Team Drives ») ne sont pas inclus dans Google Takeout. Si votre entreprise utilise des Drive partagés, il faut les migrer séparément, dossier par dossier. Et les permissions sur les Drive partagés sont gérées au niveau du dossier racine, pas au niveau du fichier, un modèle qui ne se transpose pas forcément sur le nouveau cloud.

Les outils qui simplifient la sortie de Google

Pour une migration Google Drive, le choix des outils de migration cloud-à-cloud fait une différence majeure. Rclone est le choix technique : il gère les API Google Drive nativement, supporte la conversion des fichiers natifs, et permet un transfert serveur-à-serveur sans passer par votre machine locale. MultCloud offre une interface web si la ligne de commande vous rebute. Et certains fournisseurs européens proposent un outil de migration intégré qui simplifie encore le processus. Infomaniak, par exemple, propose un import direct depuis Google Drive dans kDrive.

Le temps total dépend de votre profil. Un utilisateur individuel avec 100 Go et peu de fichiers natifs Google : une demi-journée. Une équipe de 20 personnes avec 2 To de Drive partagés : prévoyez deux semaines, en incluant la reconfiguration des partages et la période où les deux clouds coexistent.