Le vrai prix d'un téraoctet quand on enlève le marketing
Ou : pourquoi le plan « gratuit » de Google Drive vous coûte plus cher que l’abonnement payant d’Infomaniak.
Les prix du stockage cloud sont à peu près aussi transparents que les prix d’un billet d’avion low-cost. Le téraoctet affiché à 9,99 €/mois se transforme en 22 € quand on ajoute les sorties de bande passante, les requêtes API, le tier de stockage actif et le « support » qu’il faut souscrire pour avoir le droit de poser une question. Si vous avez lu le comparatif des clouds souverains européens qui sert de point d’entrée à ce guide, vous savez que le prix n’est pas le seul critère — mais c’est celui que tout le monde regarde en premier, et c’est celui sur lequel les fournisseurs mentent le plus créativement.
Le problème n’est pas que le cloud coûte cher. Le problème, c’est que personne ne sait combien il coûte vraiment. Les grilles tarifaires de Google One, Dropbox, OneDrive et compagnie sont conçues pour la comparaison rapide — le genre de comparaison qu’on fait en trente secondes sur un tableau marketing. Mais le coût réel d’un cloud, c’est le prix de l’abonnement plus les frais de sortie plus le coût des fonctionnalités manquantes qu’il faut compenser avec un autre service plus le prix de la migration le jour où vous réalisez que c’était une erreur. Ce calcul-là, personne ne le met en avant.
Ce guide le fait. Il prend les six fournisseurs les plus courants — kDrive, Google One, Dropbox, OneDrive, pCloud et Proton Drive — et les met sur la même balance avec les mêmes poids. Pas le prix d’appel. Le prix réel, à volume égal, sur douze mois, avec tout ce qui est inclus et tout ce qui ne l’est pas.
L’arithmétique du cloud : ce que les grilles tarifaires ne montrent pas
Les fournisseurs de cloud ont une créativité remarquable quand il s’agit de facturation. Certains facturent au Go stocké, d’autres au nombre d’utilisateurs, d’autres encore par tranches de fonctionnalités. Comparer un forfait kDrive Solo à 4,99 €/mois (2 To, 1 utilisateur) avec un Google One à 2,99 €/mois (200 Go) n’a aucun sens sans normaliser les volumes. Et même une fois les volumes normalisés, il reste les coûts invisibles.
Le classement que personne ne publie : le prix au téraoctet
Quand on ramène tout au même dénominateur — le coût mensuel par téraoctet de stockage effectif — les classements changent. Le fournisseur le moins cher en apparence n’est pas toujours le moins cher en pratique, et celui qui semble cher cache parfois des fonctionnalités que les autres facturent en supplément. Le classement au prix par téraoctet met les chiffres côte à côte avec les réductions annuelles (kDrive : -10% sur 1 an, -15% sur 2 ans, -20% sur 3 ans) et les fonctionnalités incluses dans le prix de base.
Les coûts que personne n’annonce à la signature
Les frais de sortie de bande passante. Les requêtes API au-dessus du quota. Le support technique en supplément. La suite bureautique qui n’est « gratuite » que si on reste dans l’écosystème. Les coûts cachés du stockage cloud sont un classique de l’industrie SaaS, et ils transforment un forfait attractif en piège financier. Les coûts cachés du stockage cloud les inventorie et les chiffre.
Le comparatif 2026 à volume égal
Un tableau qui prend Google One, Dropbox Plus, OneDrive Standalone, kDrive Solo, pCloud Premium et Proton Drive Plus, et qui les compare sur le même volume (2 To), la même durée (12 mois) et les mêmes critères (stockage, partage, suite bureautique, sync, support). C’est le travail de la comparaison tarifaire complète des stockages cloud en 2026.
Le mirage du plan gratuit
15 Go chez Google. 2 Go chez Dropbox. 5 Go chez OneDrive. 15 Go chez kDrive (via kSuite gratuite). Les plans gratuits sont des produits d’appel — ils existent pour vous familiariser avec l’interface avant de vous proposer le forfait payant. Ce qui est rarement dit : les plans gratuits ont des limitations fonctionnelles qui les rendent inutilisables pour un usage sérieux, et les données que vous y stockez sont monétisées d’une manière que le forfait payant évite. Les vraies limites des plans gratuits fait la liste.
Le cloud illimité : promesse ou arnaque ?
Google Workspace Business Standard offre « stockage illimité » (en pratique plafonné à 5 To par utilisateur). Certains fournisseurs NAS proposent du « lifetime unlimited ». Le stockage illimité est un concept marketing qui repose sur le fait que la plupart des utilisateurs n’utiliseront qu’une fraction de l’espace — et que les conditions d’utilisation autorisent le fournisseur à modifier les termes unilatéralement. Le mythe du cloud illimité décortique les petites lignes.
Forfait fixe ou facturation à l’usage ?
kDrive et la plupart des clouds grand public fonctionnent au forfait. AWS S3, Google Cloud Storage et les clouds infrastructure facturent à l’usage (Go stocké + requêtes + bande passante sortante). Les deux modèles ont leurs cas d’usage, et le meilleur choix dépend entièrement de la prévisibilité de votre consommation. Forfait vs facturation à l’usage compare les deux approches.
Le TCO sur cinq ans : le calcul que personne ne fait
Le coût total de possession d’un cloud ne se mesure pas sur un mois. Il se mesure sur la durée d’engagement réaliste — trois à cinq ans pour la plupart des entreprises. Sur cette durée, les augmentations tarifaires annuelles, les coûts de migration et le temps de formation de l’équipe changent radicalement le classement. Le TCO d’un cloud sur cinq ans fait le calcul complet.
Perso ou pro : quel plan choisir ?
kDrive Solo, Team ou Pro ? Google One, Workspace Starter ou Business ? Le bon plan n’est pas le moins cher — c’est celui qui correspond à votre usage réel sans vous faire payer des fonctionnalités que vous n’utiliserez pas. Le guide pour choisir entre plan personnel et professionnel pose les bonnes questions.
Négocier son tarif cloud en entreprise
Au-dessus de 10 utilisateurs, les grilles tarifaires affichées ne sont que des points de départ. La plupart des fournisseurs cloud européens — Infomaniak inclus — acceptent des tarifs négociés pour les volumes significatifs. Comment négocier son tarif cloud entreprise donne les leviers et les fourchettes.
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