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Synchronisation sélective cloud : ne télécharger que l'essentiel

La synchronisation multi-device repose sur une promesse simple : vos fichiers partout, tout le temps. Mais « partout » se heurte à un problème physique : l’espace disque. Si vous avez 2 To dans le cloud et un laptop avec un SSD de 256 Go, la synchronisation complète est mathématiquement impossible. La synchronisation sélective résout ce problème en vous laissant choisir ce qui est téléchargé localement. Microsoft a documenté le concept pour OneDrive, et kDrive propose une approche similaire.

Il existe deux mécanismes distincts, souvent confondus. Le premier est la synchronisation sélective par dossier : vous cochez les dossiers que vous voulez synchroniser, les autres ne sont pas téléchargés du tout. Le second est le mode « fichiers à la demande » (ou virtual drive) : tous les fichiers apparaissent dans votre explorateur, mais seuls ceux que vous ouvrez sont réellement téléchargés. Ce sont deux approches complémentaires, pas concurrentes.

Deux mécanismes, deux philosophies

La synchronisation sélective par dossier est la méthode traditionnelle. Vous allez dans les préférences du client kDrive, vous voyez la liste de vos dossiers cloud, et vous décochez ceux qui ne vous intéressent pas sur cette machine. Les dossiers décochés disparaissent de votre explorateur de fichiers. Ils existent toujours dans le cloud, accessibles via le web, mais votre machine locale les ignore complètement.

L’avantage : c’est simple, prévisible, et ça fonctionne même sans fonctionnalité avancée du système d’exploitation. L’inconvénient : si vous avez besoin d’un fichier dans un dossier décoché, il faut retourner dans les préférences, cocher le dossier, attendre la synchronisation, puis (si vous oubliez de décocher) accepter que ce dossier consomme de l’espace disque en permanence.

Le mode fichiers à la demande (qu’Infomaniak appelle « Drive Lite ») est plus élégant. Tous les fichiers apparaissent dans votre explorateur avec une icône de nuage. Ils ne consomment presque pas d’espace disque — seules les métadonnées (nom, taille, date) sont stockées localement. Quand vous double-cliquez sur un fichier, il est téléchargé à la volée. Après utilisation, le système peut libérer l’espace en remettant le fichier en mode « cloud uniquement ».

Sur Windows, cette fonctionnalité utilise l’API Cloud Files (anciennement Cloud Filter API) introduite avec Windows 10. Sur macOS, elle s’appuie sur File Provider. Sur Linux, l’implémentation est généralement basée sur des montages FUSE. Les trois approches ont leurs particularités, comme le détaille le fonctionnement du client de synchronisation desktop.

Comment choisir entre sélection par dossier et fichiers à la demande

Les deux approches ne s’excluent pas. Une stratégie efficace : activer les fichiers à la demande pour tout votre kDrive, puis épingler localement les dossiers sur lesquels vous travaillez activement. Les dossiers épinglés sont toujours disponibles hors ligne (important si vous prenez souvent l’avion). Le reste est accessible à la demande.

Si votre connexion est lente ou instable, les fichiers à la demande peuvent être frustrants. Ouvrir un fichier PDF de 50 Mo avec une connexion à 2 Mbps, c’est attendre 25 secondes avant de voir la première page. Dans ce cas, la sélection par dossier avec synchronisation complète des dossiers actifs est plus confortable. L’accès hors ligne aux fichiers cloud creuse ce sujet.

Les pièges de la sync sélective à connaître

Premier piège : les liens symboliques et les raccourcis. Si un fichier dans un dossier synchronisé contient un lien vers un fichier dans un dossier non synchronisé, le lien sera cassé. Le client ne peut pas résoudre une référence vers quelque chose qu’il n’a pas téléchargé.

Deuxième piège : les applications qui scannent l’arborescence. Un antivirus, un outil d’indexation (Windows Search, Spotlight), ou un logiciel de sauvegarde locale peut déclencher le téléchargement de tous les fichiers « à la demande ». L’antivirus ouvre chaque fichier pour le scanner, le système le télécharge, et votre SSD de 256 Go se remplit en une heure. La solution : exclure le dossier kDrive des analyses en temps réel de l’antivirus.

Troisième piège : la confusion entre « supprimé » et « désynchronisé ». Décocher un dossier de la synchronisation sélective ne le supprime pas du cloud. Mais supprimer un fichier synchronisé le supprime aussi du cloud (avec possibilité de récupération via la corbeille cloud pendant 30 jours). Cette distinction est subtile et source de pertes de données quand on ne la comprend pas.

Un dernier conseil pratique : nommez vos dossiers de premier niveau avec un préfixe qui reflète leur priorité de synchronisation. Par exemple, 01_Projets-actifs, 02_Archives-récentes, 03_Archives-anciennes. Synchronisez uniquement 01_ sur le laptop, 01_ et 02_ sur le desktop, et gardez 03_ en cloud uniquement. C’est basique mais efficace — la structure de dossiers devient votre politique de synchronisation.