Partager des fichiers volumineux sans que le destinataire perde patience
Le mail a une limite de pièce jointe d’environ 25 Mo. C’est suffisant pour un PDF, un document Word, peut-être une photo compressée. C’est absolument insuffisant pour un dossier de 800 photos de mariage, un fichier vidéo de 4 Go, un export de base de données, ou les maquettes Figma d’un projet web. Et pourtant, en 2026, il y a encore des gens qui essaient d’envoyer un fichier de 2 Go par mail, obtiennent un message d’erreur cryptique, et appellent le support en disant “ça marche pas”. Si vous cherchez la bonne solution parmi les usages spécifiques du cloud, le partage de fichiers lourds est le cas d’usage le plus ponctuel – mais celui où la frustration est la plus immédiate. WeTransfer a bâti une entreprise entière sur ce problème, ce qui prouve à quel point il est universel.
La solution technique existe depuis longtemps : au lieu d’envoyer le fichier par mail, vous l’uploadez sur un serveur et vous envoyez un lien de téléchargement. La question n’est plus “comment ?” mais “avec quel service, quelle limite de taille, quelle durée de disponibilité, et est-ce que le destinataire doit créer un compte ?”. La réponse à la dernière question devrait toujours être non – parce que forcer un client à créer un compte chez votre fournisseur de cloud pour télécharger une facture, c’est le meilleur moyen de ne pas être payé.
SwissTransfer : le WeTransfer suisse, gratuit et sans compte
SwissTransfer, développé par Infomaniak, permet d’envoyer des fichiers jusqu’à 50 Go gratuitement, sans inscription. Le destinataire reçoit un lien, il clique, il télécharge. Pas de compte à créer, pas de publicité invasive (contrairement à WeTransfer gratuit qui vous fait traverser trois pages de pub avant le bouton de téléchargement), pas de limite quotidienne sur la version gratuite. Les fichiers sont hébergés en Suisse et disponibles pendant 30 jours.
Comparé à WeTransfer (2 Go gratuit, 200 Go en Pro à 12 euros par mois), SwissTransfer est objectivement supérieur sur le créneau de l’envoi ponctuel. La limite de 50 Go couvre la quasi-totalité des cas d’usage : un photographe qui livre un shooting complet (30-40 Go en JPEG haute résolution), un vidéaste qui envoie un premier montage (un fichier H.264 de 4K en 10 minutes pèse environ 3 Go), un développeur qui livre un build complet, ou une agence qui envoie un dossier de conception.
Ce que SwissTransfer ne fait pas : le stockage permanent. C’est un outil de transfert, pas un cloud. Les fichiers expirent après 30 jours maximum. Pour un stockage durable avec partage via liens permanents, c’est kDrive qu’il faut utiliser – et les deux services s’intègrent naturellement puisqu’ils sont du même éditeur.
Photos et médias lourds : quand 50 Go ne suffisent pas
Un photographe de mariage qui livre les RAW au client (à la demande de certains contrats haut de gamme) peut dépasser les 50 Go pour un seul événement. Un vidéaste qui partage des rushes ProRes entre collaborateurs peut facilement atteindre les centaines de Go. Dans ces cas, SwissTransfer touche sa limite et il faut passer par un partage kDrive classique – ou découper l’envoi en plusieurs transferts, ce qui est techniquement fonctionnel mais ergonomiquement pénible.
Le stockage de photos sans compression couvre le cas du photographe en détail, et le stockage de vidéo HD dans le cloud celui du vidéaste. La question du partage ponctuel et celle du stockage permanent sont liées mais distinctes – comme la différence entre prêter un livre et avoir une bibliothèque.
La sécurité du transfert : chiffrement et liens protégés
SwissTransfer chiffre les fichiers en transit (TLS) et au repos (AES-256). Vous pouvez ajouter un mot de passe sur le lien de téléchargement – ce qui est recommandé pour tout transfert contenant des données personnelles ou confidentielles. Le mot de passe doit être communiqué par un canal séparé (SMS, appel téléphonique, messagerie différente) pour que la protection ait un sens. Envoyer le lien et le mot de passe dans le même mail, c’est comme mettre la clé sous le paillasson et coller un post-it “la clé est sous le paillasson” sur la porte.
kDrive ajoute une couche supplémentaire avec les liens à expiration : vous pouvez définir une date après laquelle le lien cesse de fonctionner. Pour un envoi client (livraison de maquettes, partage de documents contractuels), une expiration de 7 jours est raisonnable. Pour un partage interne entre collaborateurs, pas de limite de temps mais un accès restreint aux membres de l’espace de travail.
Le résumé pratique : pour un envoi ponctuel jusqu’à 50 Go, SwissTransfer est gratuit, sans inscription, et fonctionne mieux que WeTransfer gratuit sur tous les critères objectifs. Pour un partage récurrent avec les mêmes personnes, un dossier kDrive partagé est plus pratique. Et pour les volumes qui dépassent 50 Go en un seul envoi, il faut soit découper, soit passer par un partage de dossier kDrive – ou accepter que peut-être, envoyer 200 Go de rushes 4K par Internet n’est pas la meilleure idée et qu’un disque dur par courrier fait parfois le travail plus vite que la fibre optique.