Stocker ses photos en ligne sans perdre un seul pixel
Il y a deux types de photographes : ceux qui ont déjà perdu des fichiers, et ceux qui vont les perdre. La question n’est pas “si” votre disque dur lâche, c’est “quand” – et à ce moment-là, est-ce que vos 200 Go de RAW du mariage de samedi dernier existent encore quelque part. Le cloud est la réponse évidente, mais pas n’importe quel cloud. Si vous parcourez les usages spécifiques du cloud par profil, le cas du photographe est celui où le mot “compression” fait la différence entre un service utile et un service qui détruit votre travail. Google Photos a rendu un mauvais service à la profession en normalisant l’idée que “stockage illimité” peut coexister avec “qualité originale” – spoiler : il ne peut pas, et Google l’a d’ailleurs supprimé en 2021.
Le problème technique est simple à comprendre : un fichier RAW de Canon R5 pèse environ 45 Mo. Un shooting de mariage produit entre 2 000 et 5 000 photos. Faites le calcul : entre 90 et 225 Go par événement. Un photographe actif qui shoote deux événements par semaine accumule 400 à 900 Go par mois. Aucun cloud grand public gratuit ne tient cette charge, et beaucoup de clouds payants recompressent silencieusement les fichiers au-delà d’une certaine taille – ou pire, convertissent les RAW en JPEG pour “économiser de l’espace”.
kDrive : pas de compression, pas de conversion, mais pas de magie non plus
kDrive stocke vos fichiers tels quels. Un fichier CR3, ARW, NEF ou DNG de 45 Mo uploade en 45 Mo et télécharge en 45 Mo. Pas de recompression, pas de conversion automatique, pas de “qualité haute” qui est en fait du JPEG 85%. C’est le minimum syndical pour un photographe professionnel, et pourtant tous les clouds ne le font pas.
Le plan Solo de 2 To convient pour un photographe amateur sérieux (quelques shootings par mois). Pour un professionnel actif, les 2 To seront pleins en trois à six mois. kDrive propose des extensions jusqu’à 6 To sur le plan Solo, et les plans Team permettent d’aller plus loin. Le coût par téraoctet chez kDrive (environ 2,25 euros par mois le To sur les plans élevés) est compétitif par rapport à Backblaze B2 (0,005 dollar par Go/mois, soit 5 dollars le To) – mais kDrive inclut la synchronisation desktop et le partage, là où Backblaze est du stockage froid pur.
Ce qui manque à kDrive pour les photographes : la prévisualisation native des fichiers RAW dans l’interface web. Vous pouvez uploader un CR3, mais vous ne verrez qu’une icône générique dans le navigateur. Pour prévisualiser, il faut télécharger et ouvrir dans Lightroom ou Capture One. C’est un inconvénient réel quand vous voulez trier à distance – Google Drive et iCloud ont une longueur d’avance sur ce point avec leurs visionneuses intégrées.
Vidéo HD et médias lourds : le même problème en pire
Si 45 Mo par photo vous semble beaucoup, la vidéo vous fera pleurer. Un fichier ProRes 4K pèse environ 1 Go par minute. Le stockage de vidéo HD dans le cloud couvre ce cas spécifique – parce que les contraintes de bande passante et de volume sont d’un autre ordre de grandeur, et la solution optimale n’est pas la même.
Les métadonnées EXIF sont un point rarement mentionné dans les comparatifs cloud. kDrive préserve les métadonnées EXIF à l’upload et au download – vos données GPS, paramètres d’exposition, profil colorimétrique restent intacts. Ce n’est pas le cas de tous les services : certains clouds (notamment ceux qui recompressent) suppriment ou altèrent les métadonnées au passage. Pour un photographe qui utilise les données EXIF pour son catalogue Lightroom, c’est critique.
Partager des galeries clients sans créer de compte
Le workflow classique du photographe : shooter, trier, retoucher, livrer. La livraison passe souvent par un lien de téléchargement – le client clique, il récupère ses photos. kDrive permet de créer des liens de partage avec mot de passe et date d’expiration, ce qui couvre le cas basique. Mais pour une galerie de prévisualisation avec sélection par le client (le client coche les photos qu’il veut en tirage), il faut passer par un service dédié type Pixieset ou SmugMug. kDrive ne remplace pas un outil de galerie client – il remplace votre disque dur.
Le partage de gros fichiers via le cloud détaille les options pour envoyer 50 Go de photos à un client sans passer par un upload FTP que personne n’a envie de configurer. SwissTransfer, intégré à l’écosystème Infomaniak, gère les transferts ponctuels jusqu’à 50 Go – ce qui est suffisant pour livrer un shooting complet en JPEG haute résolution, mais juste pour les RAW d’un gros événement.
Pour le photographe qui cherche un cloud de stockage fiable et sans compression : kDrive fait le travail de base (stockage, sync, partage) sans toucher à vos fichiers. Il ne remplace ni Lightroom, ni votre galerie client, ni un archivage froid pour les projets de plus de deux ans. Mais comme coffre-fort numérique pour vos fichiers actifs, avec des données hébergées en Suisse et aucune recompression silencieuse, c’est une option honnête – et l’honnêteté, dans un marché où “qualité originale” signifie souvent “on a juste baissé le taux de compression”, ça vaut quelque chose.