Proton VPN, NordVPN, Mullvad : qui gagne une fois le marketing retiré
Ou : comment deux services qui font exactement la même chose finissent classés dans un ordre qui dépend du site que vous lisez.
Vous êtes arrivé ici avec deux ou trois noms en tête et l’envie d’en éliminer un. C’est le bon réflexe, parce que comparer quarante fournisseurs ne sert à rien : au-delà de trois candidats, les critères se brouillent et on finit par choisir celui dont la page d’accueil est la plus rassurante. La vraie difficulté n’est pas de trouver un comparatif, il y en a des centaines. C’est que la plupart classent les services dans l’ordre des commissions, et que la juridiction du fournisseur, qui structure tout le raisonnement du guide des VPN sans journalisation, n’apparaît presque jamais dans les colonnes du tableau. C’est pourtant le seul critère qu’aucune mise à jour logicielle ne corrigera, parce qu’il dépend d’un pays, de ses obligations de conservation et de son appartenance éventuelle aux accords de renseignement signés entre États.
Un duel honnête tient en quatre questions. Où est le siège, et ce pays appartient-il à une alliance de partage du renseignement ? Qui a audité la politique no-log, quand, et le rapport est-il public ? Le code des applications est-il lisible par quelqu’un d’autre que l’éditeur ? Et qui encaisse l’abonnement, c’est-à-dire à quel groupe appartient la marque ? Le reste, vitesse, nombre de pays, interface, se départage à l’usage et change deux fois par an.
Ce qu’un comparatif VPN honnête met dans ses colonnes avant le prix
Cette dernière question mérite un instant. Trois marques que les classements présentent comme trois avis indépendants, CyberGhost, Private Internet Access et ExpressVPN, appartiennent au même groupe basé à Londres, qui avait aussi racheté ZenMate avant de le fondre dans CyberGhost. Dans le même registre, un fournisseur peut afficher une adresse parfaitement européenne et se trouver quand même dans un pays d’alliance : Surfshark est établi aux Pays-Bas, membre des Nine Eyes. Aucune de ces situations n’est disqualifiante en soi. Toutes méritent d’être sur la table avant la signature plutôt qu’après.
Les neuf duels qui suivent partent tous du même point de comparaison, Proton VPN pour le grand public et NordLayer pour les équipes, parce qu’il faut bien un étalon, et que ce sont les deux offres qui résistent le mieux aux quatre questions ci-dessus. Chaque page dit où l’adversaire gagne, et il gagne souvent quelque part.
Le duel qui revient le plus souvent, et le seul qui oppose deux juridictions neutres
La Suisse contre le Panama. Deux pays hors alliances, deux politiques no-log auditées annuellement par des cabinets différents, deux approches opposées de l’infrastructure : les serveurs entièrement sans disque d’un côté, le chiffrement intégral assumé de l’autre. C’est le match le plus équilibré du marché et celui où les arguments marketing servent le moins, ce qui le rend intéressant. Le détail des deux modèles se trouve dans le face-à-face entre l’offre suisse et l’offre panaméenne.
L’outsider suisse dont personne ne parle depuis qu’il a changé de mains
VyprVPN a longtemps été cité comme une référence pour avoir été l’un des premiers à faire auditer sa politique no-log, à une époque où l’exercice était rare. La société a depuis changé de propriétaire, ce qui est exactement le genre d’événement que les comparatifs oublient de signaler quand ils recopient des fiches produit de 2021. La comparaison actualisée est dans ce que vaut aujourd’hui l’autre helvète du marché.
Deux sièges suisses, deux philosophies commerciales très différentes
PrivadoVPN partage la juridiction de Proton VPN et en fait son argument principal. À juridiction égale, la comparaison se déplace ailleurs : maturité des audits, transparence sur la propriété, existence d’une offre gratuite et de ce qu’elle finance. Le même pays ne produit pas automatiquement le même niveau de garantie, et la confrontation des deux offres suisses montre où l’écart se creuse.
Le canadien qui s’est fait saisir des serveurs et l’a raconté
Windscribe a la particularité d’être basé au Canada, membre fondateur des Five Eyes, ce qui devrait le disqualifier d’emblée selon le critère du pays. La société compense par une architecture pensée pour que la saisie d’une machine ne donne rien, et elle a eu l’occasion de la mettre à l’épreuve, avec un résultat plus nuancé qu’elle ne le présente. C’est un cas d’école utile pour comprendre ce que la juridiction détermine vraiment et ce qu’elle ne détermine pas, développé dans le contre-exemple canadien.
Deux références de la vie privée qui ne se battent pas sur le même terrain
Mullvad ne vend pas d’abonnement au sens habituel : pas de compte, pas d’adresse mail, un tarif mensuel unique, et des audits d’infrastructure publiés par Cure53. La société refuse par ailleurs toute affiliation, ce qui explique sa discrétion dans les classements commerciaux. Face à Proton VPN, le débat porte moins sur la sécurité que sur ce qu’on accepte de sacrifier en confort, et ce partage est décrit dans le match entre les deux références vie privée.
L’offre à connexions illimitées, et ce que ça cache vraiment
Surfshark a construit sa notoriété sur le nombre d’appareils sans limite et des promotions agressives sur deux ans. L’argument est réel et intéresse les foyers nombreux. Il s’accompagne d’une localisation dans un pays d’alliance et d’un rythme d’audits plus espacé. Le calcul dépend entièrement de ce que vous protégez, et il est posé dans l’arbitrage entre appareils illimités et juridiction.
Quand il ne s’agit plus d’un abonnement personnel mais de comptes à gérer
Passé une poignée de collaborateurs, la question change de nature. Il faut des identités centralisées, une adresse fixe pour filtrer les accès entrants, une coupure immédiate au départ d’un salarié et une facture qu’un dirigeant puisse défendre. NordLayer et Proton VPN Business répondent à ce besoin par deux chemins différents, comparés dans le duel des deux offres pensées pour les équipes.
Le tunnel d’entreprise contre le maillage entre machines
Il existe une famille d’outils qui ne fait pas du tout la même chose qu’un VPN d’entreprise, même si les commerciaux les rangent dans la même case. Tailscale et Twingate connectent des machines entre elles plutôt que de router tout le trafic par une passerelle. Choisir l’un quand on avait besoin de l’autre est l’erreur d’architecture la plus courante des petites structures, et la distinction est faite dans le choix entre passerelle centralisée et réseau maillé.
Enfin, la question que tout le monde pose mal
« Quel est le meilleur VPN européen ? » est une question piégée, parce que l’Europe contient des pays d’alliance, des pays hors alliance, et un cas particulier suisse qui n’est même pas dans l’Union. Faire l’inventaire des fournisseurs réellement établis sur le continent, avec leur pays et leur statut, donne un résultat plus court et plus intéressant que prévu. C’est l’objet du tour d’horizon des fournisseurs établis sur le continent.
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