Équiper une équipe : NordLayer et Proton VPN Business ne vendent pas la même chose
Ou : comment deux tarifs presque identiques recouvrent deux paniers qui n’ont presque rien en commun.
La réponse courte : NordLayer vend un réseau d’entreprise, Proton VPN Business vend un environnement de travail dont le VPN fait partie. Si votre besoin est d’ouvrir un accès distant contrôlé à des ressources internes, NordLayer est construit pour ça. Si votre besoin est de sortir d’une suite bureautique américaine en emportant le VPN dans le déménagement, Proton répond à une question plus large. Comparer les deux prix par utilisateur sans regarder ce qu’il y a dans le panier est l’erreur la plus courante de tous les duels entre services présélectionnés, et elle se paie au moment du renouvellement.
Les chiffres d’abord, puisqu’ils sont publics. NordLayer affiche trois formules à 8, 11 et 14 dollars par utilisateur et par mois en engagement annuel (10, 14 et 18 dollars au mois), avec un minimum de cinq utilisateurs et une garantie de remboursement de quatorze jours. Le détail qui change le calcul se trouve sous les colonnes : les deux formules supérieures exigent un serveur à adresse IP dédiée facturé quarante dollars mensuels en supplément (cinquante sans engagement annuel), indépendamment du nombre de sièges. Pour une équipe de cinq personnes sur la formule intermédiaire, ce supplément représente près de la moitié de la facture.
Ce que chacun met réellement dans le prix
Côté Proton, l’offre professionnelle compte trois formules VPN, de 6,99 à 10,99 dollars par utilisateur et par mois en engagement annuel : les deux premières sont accessibles dès deux utilisateurs, la troisième, qui ajoute le gestionnaire de mots de passe, en demande trois. Elles côtoient une formule complète intégrant messagerie, agenda, stockage, documents et visioconférence, avec un téraoctet par utilisateur. Les grilles tarifaires professionnelles donnent le détail à jour. Les adresses IP dédiées et les passerelles privées existent aussi, sur les formules Professional, moyennant la location d’un serveur dédié à 39,99 dollars par mois.
L’arbitrage se pose donc ainsi. Si vous gardez par ailleurs une suite bureautique, la formule complète de Proton vous fait payer deux fois des outils que vous avez déjà, et NordLayer devient plus lisible malgré le supplément d’adresse dédiée. Si vous cherchiez de toute façon à quitter une suite américaine, le calcul s’inverse complètement, parce que le VPN cesse d’être une ligne budgétaire distincte.
Une chose qu’aucune des deux grilles ne dit : le minimum de cinq utilisateurs chez NordLayer élimine d’office les structures de deux ou trois personnes, qui sont pourtant nombreuses à avoir un vrai besoin d’accès distant. À cette taille, le seuil de deux utilisateurs de Proton n’est pas un détail commercial, c’est la différence entre pouvoir souscrire et devoir bricoler.
Un critère absent des deux grilles mérite d’être posé avant la signature : ce qui se passe le jour où quelqu’un part. Couper un accès distant demande dans les deux cas une action dans une console d’administration, et la vraie question est de savoir qui la fera un vendredi soir dans une structure de huit personnes sans service informatique. Les deux offres proposent une gestion centralisée des utilisateurs depuis un panneau unique, ce qui est le minimum attendu, mais aucune ne remplace une procédure écrite. C’est le genre de détail qui ne coûte rien à mettre en place au démarrage et qui devient impossible à rattraper deux ans plus tard, quand personne ne sait plus quels comptes sont encore actifs ni à qui ils appartiennent.
Quand aucune des deux réponses n’est la bonne
Il existe une troisième famille d’outils qui ne route pas le trafic par une passerelle centrale et qui convient souvent mieux aux équipes techniques. La distinction est faite dans le choix entre passerelle centralisée et réseau maillé.
Les mêmes marques, côté grand public
Les deux maisons proposent aussi des offres individuelles, dont la comparaison obéit à d’autres critères que le coût par siège. Elle est faite dans le face-à-face entre l’offre suisse et l’offre panaméenne.
Si le budget commande vraiment
Un service sans engagement ni palier tarifaire existe, au prix d’une administration inexistante. Son modèle est décrit dans l’approche sans compte ni formule annuelle.