Appareils illimités contre juridiction neutre : Surfshark face à Proton VPN
Ou : l’histoire d’un argument commercial imparable qui répond à une question que vous ne vous posiez peut-être pas.
La réponse courte : si vous équipez un foyer nombreux et que votre menace principale est le réseau Wi-Fi de l’hôtel, Surfshark fait très bien l’affaire. Si votre raison d’acheter un VPN est la politique de journalisation et le droit applicable, l’argument des appareils illimités ne pèse rien face au fait que la société est établie aux Pays-Bas, membre des Nine Eyes et donc des Fourteen Eyes. Comme souvent dans les confrontations entre services de ce guide, les deux offres ne répondent pas à la même question et le tableau comparatif fait semblant du contraire.
Il faut reconnaître à Surfshark ce qui lui revient. L’infrastructure est passée intégralement sur des serveurs sans disque dès 2020, ce qui en faisait un précurseur, et la politique no-log a été auditée par Deloitte en 2025. Ce n’est pas un service au rabais, c’est un service qui a fait des choix différents et qui les tient.
Le piège n’est pas le produit, c’est la lecture du comparatif
Le nombre de connexions simultanées est le critère le plus facile à mettre dans une colonne : c’est un nombre, il se compare tout seul, et « illimité » bat n’importe quel chiffre. La juridiction, elle, demande un paragraphe d’explication et se prête mal au tri par colonne. Un tableau qui range les deux critères côte à côte donne donc mécaniquement l’avantage au premier, indépendamment de son importance réelle pour vous.
Or l’importance dépend entièrement de l’usage. Protéger la connexion de six appareils familiaux contre l’interception sur un réseau partagé est un problème que les deux services règlent aussi bien. Choisir chez qui vivra l’enregistrement de vos connexions au cas où quelqu’un viendrait le demander est un problème que seul le pays du siège tranche. Le second cas concerne moins de monde que le marketing ne le prétend, mais quand il vous concerne, il n’y a pas d’arbitrage possible.
Il faut aussi tenir compte du fait qu’aucune juridiction n’est figée. Le projet de révision des obligations de surveillance en Suisse montre qu’un pays réputé favorable peut changer de camp en deux ans, et la règle vaut dans les deux sens. Choisir sur la juridiction demande de relire son choix de temps en temps, ce que peu de gens font entre deux renouvellements automatiques.
Il reste un angle mort commun aux deux offres, et à peu près à tout le marché : le renouvellement. Les tarifs spectaculaires affichés sur deux ans se transforment au terme de l’engagement, et la reconduction est activée par défaut. Un acheteur qui a choisi son fournisseur en comparant des prix promotionnels compare en réalité des prix qu’il ne paiera qu’une seule fois. Sur un critère aussi durable que la juridiction, ce détail commercial a une conséquence inattendue : il pousse à changer de fournisseur tous les deux ans pour rester sur des tarifs d’appel, donc à rejouer régulièrement une décision qu’on croyait avoir prise une fois pour toutes.
L’autre offre sans plafond d’appareils
Un fournisseur propose la même absence de limite avec une juridiction encore plus exposée et une architecture pensée pour ça. Le cas est traité dans le service canadien mis à l’épreuve d’une saisie.
Si le prix est vraiment le critère décisif
Les promotions à moins de trois euros par mois sur deux ans se ressemblent beaucoup d’un fournisseur à l’autre, et le prix de reconduction aussi. La mécanique complète est démontée dans le duel des deux juridictions neutres.
Pour une équipe plutôt qu’une famille
Les connexions illimitées ne remplacent pas la gestion des comptes, et c’est la première chose qu’on découvre en équipant une entreprise. Les offres adaptées sont comparées dans les deux formules destinées aux équipes.