# Quand la police frappe chez un VPN : les affaires qui ont testé le no-log

> PureVPN, IPVanish, HideMyAss, Private Internet Access, Mullvad, Windscribe : ce que les enquêteurs ont obtenu des VPN dans les affaires documentées, et comment ils ont souvent identifié autrement.


*Ou : la politique de confidentialité la plus fiable est celle qu'un procureur a déjà lue.*

La réponse courte : oui, des fournisseurs VPN ont remis des données à la justice, et ce sont presque toujours ceux dont le discours promettait le contraire. PureVPN en 2017, IPVanish en 2016 et HideMyAss en 2011 conservaient des journaux de connexion, et ces journaux ont servi à identifier des suspects. À l'inverse, Private Internet Access n'a rien pu fournir dans deux affaires américaines, et la police suédoise est repartie les mains vides de chez Mullvad en 2023. Ces dossiers sont le seul test grandeur nature de [la politique de journalisation d'un fournisseur](/guides/vpn-professionnel/juridiction-logs-vpn/), et ils racontent aussi autre chose : dans la plupart des cas, l'identification s'est faite par recoupement, pas grâce au VPN.

Le cas IPVanish est le plus instructif, parce que la plainte fédérale détaille la chronologie. En mai 2016, un enquêteur du département américain de la Sécurité intérieure adresse une réquisition à Highwinds, la société qui exploite alors le service. Réponse du 26 mai : pour protéger ses clients, la société ne journalise aucune information d'usage. Une seconde réquisition, plus précise, suit en juin, et le 21 juin 2016 la même société livre le nom de l'abonné, son adresse électronique, son adresse IP réelle chez son fournisseur d'accès et les heures de connexion et de déconnexion. La [plainte est publique](https://storage.courtlistener.com/recap/gov.uscourts.insd.67065.2.0.pdf) (PDF, en anglais). IPVanish a depuis changé deux fois de propriétaire, et son acquéreur de 2017 a affirmé qu'aucun journal n'existait plus lors du rachat.

## VPN et police : les dossiers documentés, du plus solide au plus fragile

Toutes ces affaires ne se valent pas en matière de sources, et la distinction compte. Les trois premières lignes du tableau reposent sur des pièces judiciaires ; les dernières, en partie ou en totalité, sur la parole du fournisseur.

| Année | Fournisseur | Ce que les enquêteurs ont obtenu | Source principale |
|---|---|---|---|
| 2016 | IPVanish | Nom, adresse IP réelle, horodatages | Plainte fédérale, Indiana |
| 2017 | PureVPN | Les deux adresses IP d'origine d'un même client | Plainte fédérale, Massachusetts |
| 2016 et 2018 | Private Internet Access | Rien d'identifiant | Plainte fédérale et témoignage au procès |
| 2011 | HideMyAss | Adresse IP et heures de connexion | Déclaration du fournisseur, ordonnance britannique |
| 2023 | Mullvad | Rien, perquisition sans saisie | Déclaration du fournisseur |
| 2017 | ExpressVPN | Rien, selon le fournisseur | Déclaration du fournisseur, presse turque |

Le dossier PureVPN mérite qu'on lise l'affidavit du FBI : le fournisseur a pu établir que son service avait été utilisé par le même client depuis deux adresses, celle de son domicile et celle de son employeur. L'accusé, poursuivi pour harcèlement, a été condamné en octobre 2018 à plus de dix-sept ans de prison. PureVPN promettait dans son marketing de ne garder aucun journal de vos activités, tout en admettant dans sa politique de confidentialité conserver les heures de connexion. C'était exact et suffisant.

Les deux affaires Private Internet Access montrent la face inverse, avec une nuance que les pages de promotion oublient. En 2016, la société n'a pu indiquer au FBI qu'une plage d'adresses située sur la côte est des États-Unis ; le suspect a quand même été identifié, parce que l'application figurait sur son téléphone et que ses identifiants traînaient dans sa voiture. En 2018, un directeur juridique de la société a témoigné au procès qu'elle ne gardait que l'adresse électronique d'inscription ; l'accusé a été condamné quand même, parce qu'il avait utilisé la même adresse IP du VPN pour l'attaque et pour consulter sa messagerie personnelle. Le no-log a tenu dans les deux cas. L'anonymat, non.

![Illustration : deux disques de verre qui se chevauchent, un point plus lumineux apparaissant à leur intersection](/images/requisitions-judiciaires-vpn-cas-reels-recoupement.original.webp "Le no-log a tenu. L'identification s'est faite en superposant d'autres traces.")

Mullvad a raconté en détail la [visite de six policiers suédois](https://mullvad.net/en/blog/2023/4/20/mullvad-vpn-was-subject-to-a-search-warrant-customer-data-not-compromised) le 18 avril 2023, mandat en main, dans le cadre d'une demande d'entraide allemande : ils sont repartis sans rien, faute de données à saisir. Windscribe offre un cas plus ambigu. En juin 2021, deux de ses serveurs ont été saisis en Ukraine, et la société a [reconnu elle-même](https://windscribe.com/blog/openvpn-security-improvements-and-changes-7b04ea49222/) que leurs disques n'étaient pas chiffrés et contenaient une clé privée OpenVPN, tout en affirmant qu'aucune donnée client n'était exposée. Le fournisseur a ensuite durci son architecture. Selon la société, son dirigeant a par ailleurs été poursuivi en Grèce à titre personnel, pour un piratage passé par l'un de ses serveurs, avant que les poursuites soient abandonnées en avril 2025 ; aucune pièce judiciaire publique ne permet de le vérifier indépendamment.

### Ce qu'une saisie trouve sur un serveur sans disque

Les affaires ExpressVPN, Mullvad et Windscribe tournent autour de la même question : que reste-t-il sur une machine emportée par la police ? L'architecture qui vise à ce que la réponse soit « rien », et ses limites, est décrite dans [le fonctionnement des serveurs RAM-only](/guides/vpn-professionnel/juridiction-logs-vpn/serveurs-ram-only-vpn/).

### Les chiffres que les fournisseurs publient eux-mêmes

Ces affaires sont celles qui ont fuité ou été plaidées. Les autres, bien plus nombreuses, n'apparaissent que dans les rapports que certains fournisseurs publient sur les demandes reçues, avec ce qu'ils ont pu remettre. Leur lecture est expliquée dans [les rapports de transparence et le warrant canary](/guides/vpn-professionnel/juridiction-logs-vpn/warrant-canary-rapport-transparence-vpn/).

### Vérifier avant qu'un procureur s'en charge

Personne ne souhaite apprendre la politique réelle de son fournisseur en lisant une plainte fédérale. La vérification préalable existe, avec ses limites, et elle est détaillée dans [ce que prouve un audit no-log indépendant](/guides/vpn-professionnel/juridiction-logs-vpn/vpn-no-logs-audit-independant/).


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