Utiliser un VPN est légal ; ce que vous en faites l'est ou non
Ou : le tunnel est légal, ce qui circule dedans reste soumis à la loi.
La réponse courte : oui, utiliser un VPN est légal en Belgique, en France et en Suisse, Proton VPN compris, et aucun texte n’en restreint l’usage. Mieux, les autorités de cybersécurité des trois pays le recommandent sur les réseaux publics : le Centre pour la Cybersécurité Belgique le conseille dans ses recommandations Safeonweb pour les vacances, le dispositif français Cybermalveillance.gouv.fr le recommande quand on n’a pas d’autre choix qu’un Wi-Fi public, et l’Office fédéral suisse de la cybersécurité fait de même. Ce qui est interdit sans VPN reste interdit avec : le tunnel ne change rien à la nature d’un acte, il rend seulement son auteur plus difficile à identifier. C’est l’une des rares questions de la liste des idées reçues sur le VPN dont la réponse tient en un mot.
Le cas du streaming mérite une précision, parce que c’est l’usage qui inquiète le plus. Regarder un catalogue étranger en changeant de pays apparent relève d’abord des conditions d’utilisation du service : celles de Netflix prévoient un accès principalement depuis le pays de l’abonnement et, en cas de manquement, la suspension ou la restriction du compte. Je n’ai trouvé aucun texte belge ou français qui en fasse une infraction pénale. Le droit européen va même dans l’autre sens pour les voyageurs : depuis le 1er avril 2018, un règlement sur la portabilité garantit à un abonné temporairement présent dans un autre État membre l’accès à son service habituel.
VPN légal : ce qui change en Europe en 2026, et ce qui ne change pas
La rumeur d’une interdiction européenne revient régulièrement, et elle a été vérifiée. Dans une vérification publiée le 15 mai 2026, Euronews conclut qu’aucune proposition de Bruxelles ne vise à restreindre les VPN, et que la controverse repose largement sur un malentendu ; le cabinet de la vice-présidente de la Commission Henna Virkkunen y parle d’« absolument aucune mesure de répression à l’encontre des VPN ». L’objectif affiché est de rendre plus difficile le contournement des contrôles d’âge, pas d’interdire l’outil. Une note du service de recherche du Parlement européen, en janvier 2026, rapportait bien que certains souhaitent réserver les VPN aux adultes, mais il s’agit d’une note de recherche, pas d’une position ni d’un texte.
Le contexte explique la rumeur. Au Royaume-Uni, les contrôles d’âge imposés depuis le 25 juillet 2025 ont fait bondir les inscriptions à Proton VPN de plus de 1 400 % en quelques minutes. En France, la suspension de plusieurs sites pornographiques par leur éditeur le 4 juin 2025, en réaction aux contrôles d’âge de la loi SREN, a provoqué une hausse du même ordre. Le gouvernement britannique a tranché en juillet 2026 : il n’interdira pas les VPN et ne les soumettra pas à un contrôle d’âge, mais il demandera aux plateformes de détecter les connexions par VPN des moins de 16 ans.
| Pays | Usage d’un VPN | Particularité en 2026 |
|---|---|---|
| Belgique | Légal | Recommandé par le Centre pour la Cybersécurité sur les réseaux publics |
| France | Légal | Recommandé par Cybermalveillance.gouv.fr ; contrôles d’âge de la loi SREN pour certains sites |
| Suisse | Légal | La révision de la surveillance vise les obligations des fournisseurs, pas l’usage |
| Union européenne | Légal | Aucune proposition d’interdiction ; application de vérification d’âge prévue fin 2026 |
| Royaume-Uni | Légal | Pas d’interdiction ; les plateformes devront détecter les VPN des moins de 16 ans |
Ailleurs, la question change de nature. La Chine interdit les VPN non autorisés depuis 2017, l’Iran a interdit les VPN sans licence en février 2024, la Biélorussie bloque légalement VPN et Tor depuis 2015, et le Turkménistan réprime leurs utilisateurs. La Russie a restreint les VPN dès 2017 et, depuis le 1er septembre 2025, fait de leur usage une circonstance aggravante pour certaines infractions et sanctionne leur publicité. Aux Émirats arabes unis, l’usage n’est pas interdit en soi, mais il est lourdement puni lorsqu’il sert à commettre une infraction ou à accéder à des sites bloqués. En voyage, c’est le droit du pays où l’on se trouve qui compte.
Les publicités qui entretiennent le flou
Une partie du marketing des VPN joue sur l’ambiguïté entre l’outil et ce qu’on en fait, ou sur des menaces exagérées. Ce qu’en ont dit les régulateurs de la publicité est détaillé dans les promesses publicitaires des VPN passées au crible.
Tor, l’autre outil légal souvent soupçonné
Tor suscite les mêmes questions et appelle la même réponse : son usage n’est interdit dans aucun des trois pays, à notre connaissance. Ses différences avec un VPN sont exposées dans le choix entre Tor et un VPN.
Légal ne veut pas dire invisible
Un VPN légal reste un intermédiaire qui connaît votre adresse et votre moyen de paiement, et qui répond aux réquisitions de son propre pays. Ce qu’il ne cache pas est détaillé dans les raisons pour lesquelles un VPN ne rend pas anonyme.