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Un VPN sur le téléphone en 4G ou en 5G : utile, mais contre qui

Ou : sur le réseau mobile, le voisin de table n’est plus le problème, l’opérateur l’est davantage.

La réponse courte : en 4G ou en 5G, un VPN ne vous protège pas d’un pirate assis à côté de vous, puisqu’il n’y a pas de réseau local partagé comme sur un Wi-Fi public. Il vous protège surtout de votre opérateur. Le lien radio entre le téléphone et l’antenne peut être chiffré, mais ce chiffrement s’arrête à l’antenne : au-delà, votre trafic circule dans le réseau de l’opérateur puis sur Internet. Et l’opérateur voit beaucoup de choses : un téléphone en données mobiles utilise par défaut ses serveurs DNS, qui, selon l’IETF dans son analyse de la confidentialité du DNS, voient passer tout le trafic de noms de domaine. Le nom du site visité circule aussi en clair au début de chaque connexion HTTPS, sauf quand le site et le navigateur utilisent le chiffrement du ClientHello, normalisé en mars 2026. Un VPN remplace tout cela par une seule connexion chiffrée vers son serveur. C’est la question du téléphone dans la protection des réseaux non maîtrisés.

Le chiffrement radio lui-même n’est pas garanti partout. Les normes 3GPP font du chiffrement des données une option de l’opérateur en 4G, recommandée mais soumise à la réglementation nationale, et imposent seulement en 5G que le téléphone et l’antenne le prennent en charge, un algorithme « nul » restant prévu. Les fausses antennes, ou IMSI-catchers, exploitent surtout la 2G : Google écrivait en août 2023 que le basculement silencieux d’un téléphone de la 5G ou de la 4G vers la 2G est leur usage le plus courant, et Android permet depuis la version 12, sur certains appareils, de désactiver la 2G. En Belgique, l’IBPT indique que la 3G a été arrêtée en 2025 et que les réseaux 2G le seront en 2028 et 2029.

VPN sur téléphone en 4G ou 5G : ce qu’il change, menace par menace

Qui peut voir quoiEn données mobiles, sans VPNAvec un VPN
Un voisin sur le même réseauPas de réseau local partagéRien de plus
L’opérateur mobileRequêtes DNS, noms des sites, volumesUne connexion chiffrée vers le serveur VPN
Une fausse antenneIdentification possible, surtout en 2GIdentification toujours possible, trafic chiffré
Le site visitéL’adresse IP de l’opérateurL’adresse du serveur VPN
En itinérance dans l’UnionSortie par le pays d’origine de la carte SIMSortie par le pays du serveur choisi

L’opérateur n’a pas pour autant le droit de tout faire de ce qu’il voit. Le règlement européen sur l’Internet ouvert impose de traiter le trafic de façon égale, et les lignes directrices de l’organe européen des régulateurs, le BEREC, n’autorisent l’inspection que des en-têtes, pas du contenu, en précisant qu’un trafic chiffré ne doit pas être moins bien traité parce qu’il est chiffré. En Belgique, la loi du 20 juillet 2022 impose en revanche aux opérateurs de conserver certaines métadonnées, dont les adresses IP, pendant douze mois.

L’itinérance réserve une surprise utile. Le règlement « roaming comme à la maison » s’applique jusqu’en 2032 dans l’Union, et, selon un avis du BEREC de 2019, les données repassent en règle générale par le réseau de l’opérateur d’origine : un Belge en Espagne apparaît sur Internet comme connecté depuis la Belgique. En données mobiles à l’étranger, le VPN n’est donc pas nécessaire pour garder une adresse de son pays ; il le devient sur le Wi-Fi de l’hôtel. La Suisse, hors du règlement, suit ses propres règles.

En itinérance, les données repassent en général par l'opérateur d'origine avant de sortir sur Internet.

Le coût reste modeste. WireGuard ajoute environ 60 octets par paquet en IPv4, soit 4 à 5 % sur des paquets pleins, et reste silencieux quand rien ne circule. Aucun fournisseur ne publie, à notre connaissance, de mesure chiffrée de l’impact sur la batterie ; Mullvad explique que la consommation augmente surtout quand le signal est faible et que la connexion se rétablit sans cesse.

Le réglage qui empêche les oublis

Un VPN utile en 4G ne sert à rien s’il se coupe au premier changement de réseau. La configuration permanente, sur Android comme sur iPhone, est détaillée dans le VPN toujours actif sur mobile.

Quand le téléphone passe au Wi-Fi

Sur un Wi-Fi public, le voisin redevient un acteur, avec des risques différents de ceux du réseau mobile. Ce qu’il en reste en 2026 est décrit dans les vrais risques du Wi-Fi public.

Travailler à l’étranger

L’itinérance garde votre adresse d’origine, mais le Wi-Fi local et les services qui bloquent certains pays changent la donne. Les solutions sont réunies dans le travail depuis l’étranger.